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Histoires du Pays Gallo

Histoires du Pays Gallo

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Critique du livre Dis, Grand-mère ? « La Bajote » raconte les années 1950 en pays gallo de Josette Marty.

Histoire

Sous forme de petites histoires, l’auteur nous livre ses souvenir d’un temps aujourd’hui oublié, et qui ne survit réellement que dans la mémoire de nos grands-parents : les année 50. Josette Marty n’a pas voulu faire de ce livre le témoignage précis d’une époque, elle a préféré nous livrer ce qui lui restait en mémoire, les souvenirs qui l’ont marqués sans être marquants. Elle nous dévoile en quelques page la vie et le destin de personnes ordinaires, qui reflètent totalement leur époque, et qui n’auraient jamais pensé qu’un jour quelqu’un raconterait leur histoire. Si ordinaire, que l’on peut se demander si quelqu’un d’autre que La Bajote se souvient de ces tranches de vie. Ce n’est pas l’histoire d’une époque mais l’histoire de quelques personnes dans une époque précise, avec ce qu’elle a de particulier. Il est curieux de constater au fil des pages comme ces gens d’un autre temps nous ressemblent, nous, les bretons du 21e siècle. Leur personnalité, leur choix, leur croyance et le cours de leur vie, tout nous ramène à nous avec une pointe de malice. Car La Bajote est futée, on l’imagine bien nous raconter ses histoires avec un petit sourire au coin comme le font parfois les grand-mères aux petits enfants. Mais ici, pas de morale à part celle-ci : même si les temps changent, les Hommes restent toujours les mêmes.

Des histoires, des personnages !

Chaque petite histoire relatent les passages d’une vie, une anecdote, une particularité de l’époque. La Bajote nous dévoile tout ça avec beaucoup d’humour et un vocabulaire assez imagé. Le pays Gallo revit avec ces personnages haut en couleur et qui n’ont pas leur langue dans leur poche. Les expressions « bien de chez nous » reprennent vie, les confessionnaux rouvrent leur portes, et les « grenouilles de bénitiers » ne se cachent plus. Aussi bien à travers les croyants que les athées, plus nombreux qu’on ne le pense à cette époque, la religion reprend sa place dans le quotidien. Le forgeron revis, les champs redeviennent biologiques, et le travail pénible. La contraception est bien difficile ou inexistante, et le sexe, tabou, est sujet à de nombreuses théories plus incroyables les unes que les autres. La guerre est encore présente dans les mémoires comme une plaie qui ne cicatrise pas. Tous ces personnages apparaissent parfois comme des enfants, attachants et drôle, et parfois comme des adultes, travailleurs et graves. La Fête-dieu, la prière et l’instruction délivrée par les religieuses sont joliment prises en dérision par La Bajote, comme le penchant naturel de la population pour le cidre. Tout cela fait un joli mélange drôlement ensoleillé et particulièrement touchant. Spontanée et réaliste, La Bajote nous plonge dans un quotidien qu’elle a bien connu. On se laisse emporter avec plaisir dans des histoires drôles ou tragiques, sans se rendre compte que leur fin est bien réelle. Même si le rire est omniprésent, le temps est passé et nous laisse une empreinte de nostalgie. Comment s’empêcher de penser que dans 50 ans nos petites histoires et nos petites manies auront disparues, à l’image de cette époque si proche mais qui nous semble si éloignée ? Nous deviendrons aussi les témoignages de notre époque que nous raconterons avec ce petit sourire au coin, comme pour dire au temps qui passe inexorablement que les histoires, elles, restent immortelles.

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